Fête de la Musique : l’instant où nous redevenons voisins !

Publié le 21 juin 2026 à 23:30

Il y a, dans l'atmosphère de nos rues, une énergie particulière qui se libère avec éclat au début de l'été. Ce n'est pas seulement le son des guitares ou le rythme des percussions qui nous fait vibrer ; c'est le sentiment, rare et précieux, que la ville nous appartient enfin, à toutes et à tous , sans distinction. Ce moment privilégié est comme le miroir de ce que nous devrions construire chaque jour, dans le silence et l'effort du quotidien.

À Strasbourg, notre force réside dans notre capacité à faire cohabiter des histoires et des cultures différentes. Trop souvent, on nous pousse à nous diviser ou à rester dans notre coin. Mais quand la musique s'empare de la rue, elle devient un terrain neutre où le voisin devient un semblable. La musique ne demande pas de passeport et elle ne pose pas de questions. Elle nous rappelle que le « vivre-ensemble » n’est pas un concept compliqué, mais une expérience simple : c’est ce regard échangé avec un inconnu, entre deux notes, parce qu’on partage le même plaisir au même moment.

Regardez nos jeunes. Derrière les platines, au micro ou simplement en mouvement, ils ne font pas que se divertir : ils s’affirment. Pour beaucoup, c'est une façon de prendre leur place dans la ville. Ils la colorent, ils la font bouger. Il est de notre devoir de ne pas limiter cette énergie à une occasion particulière, mais de leur donner, toute l’année, de vrais espaces pour créer et pour s'impliquer. Parce qu’une jeunesse qui s’exprime est une jeunesse qui construit l'avenir.

Nous ne pouvons pas non plus oublier ceux qui font la musique : nos artistes locaux. Valoriser leur travail, c'est reconnaître que notre ville n'est pas qu'une simple vitrine, mais un foyer bouillonnant d'audace. En les soutenant, nous faisons vivre tout notre territoire.

Au fond, ce que nous célébrons, c'est ce qui nous rend profondément humains. Dans un monde qui va toujours plus vite, la musique live nous force à nous arrêter, à écouter et à ressentir. Puissions-nous garder en nous, chaque jour, cet élan de fraternité. Si nous arrivons à effacer les frontières invisibles qui nous séparent, alors nous avons le pouvoir de changer les choses durablement. Ne laissons pas retomber ce silence. Continuons, ensemble, à construire la ville humaine, juste et solidaire dont nous rêvons toutes et tous.

Mohamed Sylla.

 

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