Fermeture de Dumarey Powerglide à Strasbourg : 320 emplois menacés et la question des aides publiques

Publié le 9 janvier 2026 à 23:08

En tant que candidat aux élections municipales de 2026 à Strasbourg et militant des droits des salariés, je ne peux rester silencieux face à la fermeture annoncée de l’usine Dumarey Powerglide. Spécialisée dans la fabrication de boîtes de vitesses et de systèmes de transmission automobile, cette usine historique fermera définitivement au cours de l’année 2026, entraînant la suppression de 320 emplois dans notre ville.

Derrière cette décision, ce sont avant tout des femmes et des hommes qui voient leur avenir professionnel s’effondrer. Des salariés qui ont consacré des années, parfois des décennies, à leur métier. Des savoir-faire industriels reconnus, transmis et perfectionnés au fil du temps, qui disparaissent aujourd’hui sous le poids de décisions économiques lourdes de conséquences. Pour leurs familles, c’est une période d’angoisse et d’incertitude qui s’ouvre, dans un contexte déjà marqué par la hausse du coût de la vie et la dégradation continue du pouvoir d’achat des Strasbourgeoises et des Strasbourgeois.

Cette fermeture n’est malheureusement pas un cas isolé. Elle s’inscrit dans un mouvement plus large de déclin de l’industrie française, où des sites de production ferment les uns après les autres, affaiblissant nos territoires et faisant disparaître des compétences précieuses. À Strasbourg, ville industrielle par son histoire, nous ne pouvons pas accepter de voir disparaître notre tissu productif sans réaction politique forte.

Un point essentiel doit être posé avec clarté : Dumarey Powerglide a bénéficié d’aides publiques. Ces aides, issues de l’argent des contribuables, engagent une responsabilité morale, sociale et économique. Une question simple mérite aujourd’hui une réponse transparente : combien de dividendes ont été versés aux actionnaires pendant que l’entreprise bénéficiait de ces fonds publics ?

Lorsqu’une entreprise reçoit un soutien public, elle doit être tenue à des obligations claires et à de véritables contreparties sociales. En cas de plan de sauvegarde de l’emploi, l’utilisation des aides publiques doit être expliquée, contrôlée et rendue publique. L’argent public ne peut pas servir à accompagner des fermetures d’usines sans exigence de maintien de l’emploi, de reconversion industrielle ou de respect du travail accompli.

Avec le mouvement Utiles, je défends une autre vision pour Strasbourg : une ville qui protège ses salariés, valorise les savoir-faire industriels, conditionne strictement les aides publiques et assume une stratégie locale de réindustrialisation, d’innovation et de transition écologique. Défendre l’industrie, c’est défendre le pouvoir d’achat, la dignité du travail et l’avenir de notre territoire.

Strasbourg ne doit pas devenir une ville qui regarde ses usines fermer en silence. Elle doit être une ville qui choisit clairement le camp du travail et de la justice sociale.

Mohamed Sylla
Candidat aux élections municipales 2026
Mouvement Utiles-Strasbourg

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