Le 19 décembre, j’ai vécu à Hautepierre un moment qui m’a profondément touché et qui renforce encore davantage ma conviction que l’avenir de Strasbourg doit se construire avec ses habitantes et ses habitants. Ce soir-là, plusieurs dizaines de Strasbourgeoises et Strasbourgeois ont répondu à l’appel d’UTILES 67 au centre socio-culturel Le Galet. Ensemble, nous avons parlé de Strasbourg, mais surtout, nous avons parlé de nous, de notre ville, de nos vies, de nos espoirs et de tout ce que nous refusons d’accepter pour son avenir.
Depuis juin 2025, nous parcourons les quartiers avec un cahier de doléances citoyen. Ce cahier n’est pas un simple outil politique : c’est un cri collectif, une mémoire vivante, un miroir de ce que Strasbourg ressent et de ce qu’elle veut devenir. Les habitantes et habitants y déposent leur voix, leur colère, leurs idées, leurs blessures et leurs rêves. Cette démarche nous oblige. Elle nous rappelle que la politique, la vraie, commence par l’écoute.
À Hautepierre, les échanges ont été d’une densité rare. Chacun parlait avec le cœur. Beaucoup ont témoigné de la situation des jeunes, de leurs difficultés à trouver un travail, une place, un avenir. Cette réalité n’est pas abstraite : elle porte des visages, des familles, des sacrifices, des vies qui basculent parce qu’une chance ne s’est pas présentée au bon moment. Strasbourg ne peut plus détourner le regard.
De cette rencontre sont nées deux propositions politiques fortes. Elles ne viennent pas d’un bureau, mais d’un territoire, de vécus, de voix qui refusent de se résigner.
La première, TRACE, est un programme municipal de mentorat pour l’emploi des jeunes. À travers cette initiative, je veux mobiliser notre richesse humaine : entrepreneurs, professionnels, salariés, retraités, toutes celles et ceux qui ont un savoir, une histoire, une expérience à transmettre. Je veux bâtir un système où un jeune en difficulté ne se retrouve jamais seul face à son avenir. TRACE, c’est une chaîne humaine qui relie les générations, qui ouvre des portes, qui donne confiance. TRACE, c’est Strasbourg qui tend la main.
La seconde proposition consiste à intégrer des clauses d’embauche jeunesse dans les marchés publics municipaux. Ce choix est profondément politique : il affirme que la Ville doit devenir actrice, et plus seulement commentatrice, de la lutte contre la précarité des jeunes. Chaque marché public doit produire de la dignité, pas seulement de la technique.
Toutes ces propositions viennent nourrir notre cahier de doléances citoyen et s’y mêlent déjà aux centaines de contributions recueillies aux quatre coins de Strasbourg. Elles ne sont qu’un début. Elles doivent continuer de s’écrire avec vous, avec vos questions, vos idées, vos exigences.
Ce 19 décembre à Hautepierre n’a pas été une réunion de plus : c’était une démonstration éclatante de ce que Strasbourg peut accomplir quand sa population décide de se tenir debout et de penser l’avenir ensemble. Cette ville a du talent, de la force, de la créativité et de l’amour.
Et je veux une politique qui soit à la hauteur de cette humanité.
Je veux que Strasbourg cesse de subir et recommence à choisir.
Je veux qu’en 2026, notre ville se regarde à nouveau avec fierté.
Et je sais que nous le construirons ensemble.
Mohamed SYLLA, Président UTILES 67
Ajouter un commentaire
Commentaires